lingerie libertine coquine

Libertinage

“Le libertinage, cet art de rester soi dans le rapport à autrui…” N’avez-vous jamais envie de vous oublier, de vous abandonner, de vous donner ?

Bien sûr que si ! Et je sais m’oublier, m’abandonner, me donner, mais quand je veux. Pas question de ne pas me retrouver, de devenir un autre, de m’aliéner, de tellement donner que je n’aurais plus rien et que je ne serais plus rien. Se donner, pour moi, suppose qu’on puisse se reprendre quand on veut. Ne confondons pas s’abandonner et se diluer. Rares sont ceux qui, dans la relation amoureuse, ne visent pas la destruction de l’autre, son incorporation, sa négation, sa digestion – pour ne plus faire qu’un, selon le pénible fantasme de la plupart des couples.

“Autrui compte autant que moi, ni plus, ni moins.” L’autre aliène donc votre liberté ?
Je pars du principe que les relations entre les individus sont toujours marquées a priori par la violence, la guerre et la suspicion. A posteriori, dans les relations que l’on construit, on peut échapper à cette logique guerrière, qui veut des maîtres et des esclaves, des dominateurs et des dominés. Mais la menace d’un retour au combat pointe toujours. Il faut n’avoir jamais la main bien loin du bouclier, voire de la dague, quand c’est nécessaire et qu’il en va de sa propre survie identitaire

Sommes-nous condamnés à une telle solitude ?
Oui. Une solitude existentielle, radicale, métaphysique, ontologique, qui brise parfois les illusions de l’amour ou de l’amitié. Et c’est tant mieux. Que vivent ces illusions qui sont des consolations, mais qu’elles ne nous fassent pas souffrir !

Comment l’indépendance peut-elle s’accorder à l’intimité sans que l’autre n’ait à en souffrir ?

Il faut refuser le mensonge, certes, mais aussi pratiquer avec allégresse et virtuosité la discrétion, le secret, le silence, l’évitement, genre de politesse à l’endroit de l’autre, souci d’éviter son déplaisir à tout prix. Ne surtout pas jouer cette ridicule transparence, qui consiste à tout se raconter dans le moindre détail.

On ne parle pas de ses aventures à l’autre ?
Rien n’est plus néfaste, dangereux et pervers. Il faut préserver l’autre de ce qui pourrait le faire souffrir, comme l’autre doit nous préserver. Dissocier chaque moment, ne pas faire interférer les instants et les personnes. Ne pas tout mélanger. Ne pas rapporter le passé avec l’un dans le présent d’un autre, ne pas disserter sur le futur avec celui qu’on n’intégrera pas dans son projet… Rien n’est défendable qui se paie du malheur d’un être.

Comment faire durer une histoire d’amour ?

En le voulant. En se disant qu’une histoire d’amour ne doit pas se figer, se fixer, qu’elle est plastique et que rien n’est donné, car tout se construit. Changer à deux suppose vouloir changer à deux. D’où la nécessité d’un souci perpétuel de l’autre, de ce qu’il est, ce qui reste immuable en lui, ce qui change, se modifie, se métamorphose, disparaît. Il faut vouloir construire et revendiquer le pragmatisme. Trop de couples croient évoluer dans l’idéal, la perfection, l’absolu, et se défont dès le premier craquement. Or c’est l’occasion d’édifier, d’échafauder, de fabriquer un couple. Nous vivons dans l’ère du jetable. Dès qu’un problème surgit, on ne sait, ne veut ni ne peut le résoudre. Alors on détruit, on casse, puis on se sépare. Dans cette logique, on se prépare à faire de sa vie un champ de batailles et de ruines.

Vous parlez de contrat entre des “gens de loyauté et de capacités éthiques semblables”, qui s’engagent “à produire de la jubilation à deux et à écarter toute occasion de peine”… Quelle exigence !
Bien sûr. L’hédonisme n’est pas une facilité, il ne consiste pas à obéir à sa pente naturelle – la veulerie, la simplicité, l’égoïsme, l’égocentrisme, la muflerie. Il est une tension, une éthique exigeante, une ascèse philosophique. Rien ne serait plus mensonger que de laisser croire qu’une existence philosophique s’obtient en claquant des doigts. L’existence, la vie, la construction de soi obligent et requièrent une volonté de chaque instant – et pendant longtemps. La relation avec autrui également.

“La seule richesse qui soit, écrivez-vous, c’est la liberté.” Et l’amour ?

A vous de me faire la démonstration que la liberté et l’amour s’opposent. Que vivre l’un suppose de renoncer à l’autre – ce que laissent croire les modèles dominants hérités du christianisme. Or on peut ne rien placer au-dessus de la liberté, et aimer. On aimera différemment, c’est tout. Autrement que la plupart. Mais on aimera tout de même.

Pensez-vous que les femmes soient aujourd’hui à égalité avec les hommes dans la recherche et la culture du plaisir amoureux ?
Bien sûr que non. Les femmes sont les grandes victimes de la pensée judéo-chrétienne, qui est essentiellement misogyne. La civilisation a été faite par et pour les hommes, contre les femmes, auxquelles on accorde un droit de cité seulement quand elles sont épouses ou mères. On ne les aime qu’éteintes dans le mariage et calmées dans la maternité, parce que là leur désir ne fait plus peur aux hommes. Mariées et mères de famille, les femmes renoncent à la majeure partie de ce qui fait leur féminité, leur liberté, leur autonomie, leur indépendance. Elles deviennent des fonctions sociales et cessent d’être des subjectivités souveraines.

La mesquinerie libertine

“Ce qui me frappe en entendant les arguments libertins, c’est leur petitesse. Il y a une mesquinerie libertine. Je viens de lire un livre exceptionnel, La Supplication, de Svetlana Aleksievitch. Ce sont des témoignages de survivants de Tchernobyl. Le premier est celui d’une femme, jeune mariée au moment de l’accident. Son mari, un pompier, est envoyé sur le toit de la centrale en flammes. Il tombe atrocement malade, on le transfère à Moscou. Eh bien, cette femme fait des pieds et des mains pour le rejoindre ! L’administration, les médecins font barrage, on lui dit que son mari est un danger, que c’est un “objet radioactif”, on le met en isolement. Que fait-elle ? Elle soudoie les infirmières, se glisse clandestinement dans la chambre pour assister à son agonie. Son témoignage est ponctué par la phrase : “Je l’aimais plus que tout au monde, je ne savais pas alors à quel point je l’aimais.” La fidélité se révèle à ces moments-là. Pour le meilleur et pour le pire, c’est la pierre de touche. Les libertins ne veulent pas le savoir. Ils se tiennent en deçà. Quand on définit l’amour comme amour-goût, on n’est jamais confronté au problème de la fidélité, on en reste à la question des frasques et des cachotteries. Alors il vaut mieux jouir sans le dire, et profiter sans se faire prendre : maximiser les plaisirs et minimiser les peines, tel est le grand secret, le calcul des avantages élevé au rang d’art de vivre.

Pas d’amour sans enthousiasme

Du point de vue libertin, “l’idéal est une illusion dangereuse”. Il faut donc énucléer l’amour, lui ôter ce noyau d’idéal. C’est une opération difficile, d’ailleurs, parce que l’idéalisation est l’expérience immédiate des amoureux. Comme dit Rousseau : “Il n’y a point de véritable amour sans enthousiasme, et point d’enthousiasme sans un objet de perfection réel ou chimérique mais toujours existant dans l’imagination.” Autrement dit, cette perfection que l’amoureux distingue dans l’autre est peut-être illusoire, mais elle est nécessaire. L’amour est ce qui fait sortir du relatif, du plus ou moins (plus jolie que X, mais moins intelligente que Y). C’est la rencontre, peut-être illusoire, de l’absolu. Rushdie a écrit que l’expérience de la transcendance, dans nos sociétés laïcisées, seul l’art ou l’amour peut encore nous la donner. Les libertins sont des athées en amour : même cette transcendance-là, ils n’en veulent pas. Or c’est une transcendance incertaine, fugace. Elle arrive quand elle arrive, elle n’est pas soutenue par un texte sacré, par un enseignement, des institutions. Ce n’est qu’une émotion individuelle. Il est plus facile de la ridiculiser que de la suivre.

Qu’est-ce vraiment que le libertinage ?

Au fond du libertinage, il y a toujours l’individu qui raisonne en terme d’avantages et d’inconvénients. Il est pris dans la farandole des passades, mais il reste vigilant : il s’agit d’y gagner, en termes de plaisir, de prestige, d’agréments. Donc le libertin ne se donne pas, quoi qu’il dise ; tout au plus il se prête, en attendant de se reprendre. Le pur message libertin, c’est le billet de Valmont à Madame de Tourvel : “On s’ennuie de tout, mon ange, c’est une loi de la nature, ce n’est pas ma faute.” Je ne dis pas que l’amour, par opposition, consiste dans l’abnégation, je ne le pense pas : c’est une expansion, mais d’une autre nature, une expansion désintéressée. Tant qu’on en reste au calcul individuel des plaisirs, il n’y a pas de place pour l’enfant à venir. Il n’y a de place que pour l’actuel. C’est d’ailleurs pourquoi le libertinage se porte mieux au masculin. Ce n’est pas le judéo-christianisme qui handicape les femmes, dans ce jeu-là, c’est le désir qui leur vient souvent d’avoir un enfant de celui qu’elles aiment. Etre aimée, c’est entraîner un homme au-delà du moment, vers la durée de l’existence.  »

Pourquoi dissociez-vous amour, désir et plaisir ? L’idéal n’est-il pas d’éprouver tout cela pour une même personne ?

Je les dissocie parce que, dans la réalité, tous ces registres sont naturellement distincts. C’est la culture et la civilisation qui, pour des raisons idéologiques sécuritaires, ont intérêt à laisser croire que tout cela se tient. Quant à l’amour idéal, il est toujours une catastrophe. Viser l’idéal, qui par principe n’existe pas, c’est aller au-devant de déceptions, de frustrations et de malheur. Il n’existe pas d’homme idéal, de femme idéale, de relation idéale. Rien d’autre que des histoires possibles, à vivre le plus loin possible de la douleur et le plus près du plaisir.

Pour vous, la fidélité, c’est quoi ?
Il faut la redéfinir. Elle n’est pas, pour moi, l’exclusivité sexuelle, qui suppose la propriété de l’autre, sa transformation en une chose dont on jouirait pour soi seul. La fidélité, c’est la mémoire incarnée. On est fidèle quand on tient ce pour quoi on s’est engagé. Infidèle quand on ne s’y tient pas. A charge pour chacun de ne pas promettre plus qu’il ne peut tenir.

Le Libertinage et vous ?

Le libertinage s’affirme aujourd’hui comme un mode de vie et une sexualité à part entière pour des milliers de couples épanouis…

… voir la suite …

Les Jeux Coquin et vous ?

Avec un peu d’imagination, vous pouvez vivre des corps à corps torrides et amusants. Pour cela, il vous suffit de vous glisser dans la peau d’une autre, le temps d’une soirée…

…voir la suite…

 

L’Echangisme et vous ?

L’Echangisme ceux qui n’ont encore jamais mis les pieds dans une boîte échangiste, imaginez une boîte de nuit plutôt discrète à l’entrée filtrée…

…voir la suite…

Le Triolisme et vous ?

Le triolisme est une pratique particulière de la sexualité de groupe impliquant trois partenaires, généralement un couple auquel s’adjoint un troisième partenaire sexuel…

… voir la suite …

 

Le Mélangisme et vous ?

La délicate frontière entre mélangisme et échangisme n’est pas plus située dans l’acte lui-même que dans l’état d’esprit qui l’accompagne ou même la « raison sociale » des pratiquants… C’est pourquoi le mélangisme est sujet…

… voir la suite …

La Bisexualité et vous ?

La notion de bisexualité n’est pas une mode. Mais Évolution des mœurs oblige, beaucoup d’hétérosexuels, en couple ou non, se sont déjà posé la question : …

… voir la suite …

Les Domination-Soumission et vous ?

Une relation de Domination – soumission avec votre partenaire consentant(e) > Vous souhaitez engager une relation de Domination – soumission avec une personne de votre entourage. > Vous envisagez de rechercher le ou la partenaire…

… voir la suite …

 

La Pluralité Masculine et vous ?

Ce conseil est surtout destiné aux couples dans lesquels l’homme encourage vivement sa femme alors que celle-ci n’est pas complètement…

…en savoir plus…

www.AcoquinementVotre.com